" Aux attaques terroristes du 11 septembre a répondu l'opération "Enduring Freedom" en Afghanistan avec son cortège de victimes, de réfugiés et autres "dommages collatéraux" ! Les États-Unis ayant eux-mêmes reconnu le caractère coutumier de certaines normes du droit international humanitaire, notamment quelques dispositions contenues dans le Protocole additionnel I qu'ils n'ont pas ratifié, la nature incertaine d'une guerre aux allures de "guerre sainte" pour imposer une "justice infinie" contre le terrorisme, a offert à l'actuel exécutif la possibilité de recourir à des moyens exceptionnels - opérations militaires à l'extérieur et de police sur le sol américain, ainsi que des tribunaux militaires d'exception remplaçant des tribunaux civils - qui lui ont permis de contourner les dispositions les plus gênantes pour ses objectifs politiques. "
Dans un essai édifiant sur le droit humanitaire dans l'histoire et dans le monde d'aujourd'hui, Isabel Vale Majerus livre ici une analyse au scalpel des tensions et conflits internationaux au regard du droit et des conventions internationales. Et soulève des questions fondamentales pour la coexistence des peuples et pour l'avenir de l'humanité.
La volonté de réduire les souffrances et les dégâts qu'entraîne la guerre a été à l'origine d'importantes dispositions dans le droit international humanitaire.
Pourtant, si plus des trois quarts des états ont ratifié des protocoles dans ce sens, il y a malheureusement encore des états qui ne l'ont pas fait, au premier rang desquels les Etats-Unis.
C'est la raison qui conduit le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à promouvoir la signature et la ratification de cet instrument conventionnel.
Isabel Vale Majerus, née au Portugal, est actuellement fonctionnaire à l'Institut d'études diplomatiques et de relations internationales contemporaines. Elle fait ici le point sur la question épineuse du droit international.